Pourquoi les enfants n’aiment pas l’école ?

Mon travail en tant qu’assistante d’éducation, et ma licence en sciences de l’éducation m’ont conduite à lire différents livres sur l’éducation et la pédagogie un peu différents de ce que ma parentalité m’amène à lire. Je me replonge autant que possible dans mes cours de sciences de l’éducation dans l’objectif de m’inscrire en Master, et c’est ainsi que je vous propose une petite réflexion à partir du livre  » Pourquoi les enfants n’aiment pas l’école ?  » de Daniel Willingham.

La majorité des élèves s’ennuient en classe et n’apprécient pas l’école, c’est presque un lieu commun dans le milieu de l’éducation. L’auteur, professeur de psychologie cognitive à l’Université de Virginie, part du principe que nous pouvons aider les élèves si nous nous efforçons de mieux comprendre leur intelligence.

enfants aiment école

Le Cerveau n’est pas fait pour Réfléchir… 

Daniel Willingham développe une théorie cognitive selon laquelle «  le cerveau n’est pas conçu pour réfléchir, mais pour nous épargner d’avoir à le faire ». En effet, selon lui, « les êtres humains sont curieux mais ils ne sont pas doués pour la réflexion ; à moins que certaines conditions cognitives soient réunies, ils éviteront de réfléchir ». Le « cerveau est donc fait pour voir et pour bouger, mais sa capacité de réflexion est lente, contraignante, approximative ». Ah oui, je ne vous ai pas prévenu mais nous en prenons un peu pour notre grade. C’est pourtant assez vrai, quand on y pense justement.

Le fait de réfléchir demande du temps, implique un réel effort et est, finalement, approximative. Notre mémoire nous évite d’avoir réfléchir. Elle est liée à notre vision, elle permet d’analyser une situation, une scène immédiatement et sans effort. Notre cerveau évite de réfléchir grâce au mouvement et à la vision, qui ne demande pas de réflexion, et aussi grâce à la mémoire qui remplace la réflexion. A force de répéter les mêmes actions, notre cerveau ne réfléchit plus. « Notre cerveau s’ajuste et s’habitue »

On croit réfléchir, mais la plus part du temps on se sert uniquement de sa mémoire, c’est le processus cognitif de premier recours. Il est plus facile d’apprendre de nouvelles choses quand on a déjà des connaissances. « Les connaissances factuelles améliorent notre mémoire. Plus on a de connaissances, plus on en acquiert facilement ».

… Mais on aime bien ça quand même ! 

L’être humain aime résoudre des problèmes, car cela implique une auto-récompense ; la dopamine. C’est un neurotransmetteur, comme l’adrénaline. La plaisanterie que l’on comprend ou le problème que l’on va résoudre nous même nous semble plus drôle ou intéressant que si quelqu’un nous l’explique.

L’auteur enchaîne donc en expliquant que pour intéresser une personne à quelque chose, il faut que le sujet lui plaise et que la façon dont le sujet est présenté soit intéressante. L’être humain aime réfléchir quand son effort intellectuel est récompensé, qu’il est satisfait. Bon, jusque là, on s’en doutait. Personne n’a envie de triturer les méninges sur un sujet qui ne l’intéresse pas et qui est présenté de façon rébarbative.

Et donc, à l’école ? 

L’objectif principal de l’enseignement, c’est la volonté que les élèves réfléchissent. Il faut donc identifier les défis qui sont lancés aux élèves, est-ce trop difficile ? Quelles conséquences négatives ? S’il y a de références culturelles, des expressions, dans un cours ; les élèves sont-ils en mesure de les comprendre ? Il faut parfois les expliquer, pour que les élèves ne soient pas perdus.

L’auteur conseille :

  • Éviter les surcharges dans les consignes d’un exercices,
  • L’utilisation des moyens mnémotechniques,
  • Un rythme ralenti,
  • Écrire au tableau,
  • Bien développer les questions, c’est ce qui suscite l’intérêt chez l’élève,
  • Attiser la curiosité,
  • Stimuler l’intellect.

De plus, il ajoute que donner les mêmes devoirs à tous les élèves est voué à l’échec. En effet, le niveau est hétérogène, certains élèves sont aidés à la maison, d’autres non. Il est plus pertinent de donner des devoirs individuels ou à un groupe d’élèves. De plus, en classe, des changements fréquents de rythmes en cours permettent d’attirer l’attention des élèves.

Conclusion 

J’ai trouvé ce livre passionnant dans la mesure où il permet de réfléchir sur ce que l’on croyait connaître et ce que l’on croyait savoir. Il amène à se poser des questions sur nos propres connaissances et nous permet de mieux comprendre les processus d’apprentissage qui sont les nôtres et ceux des enfants et adolescents que nous sommes amenés à rencontrer.

Qu’en pensez-vous ? Avez-vous lu ce livre ? Cette courte réflexion vous a-t-elle permis de découvrir quelque chose de nouveau ?

Azalée

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4 réflexions sur “Pourquoi les enfants n’aiment pas l’école ?

  1. Aurely dit :

    J’ai l’impression que les conseils donnés sont ceux qui sont appliqués à l’école de mes enfants ! est-ce surprenant ou est-ce pareil partout ? Malheureusement ça ne leur convient pas forcément car j’entends de plus en plus la phrase « c’est nul l’école je veux pas y aller »…

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    • blog2mamans dit :

      Oui ces conseils sont assez connus je pense et font consensus dans beaucoup d’école, après on ne peut pas nier non plus que, dans une certaine mesure, l’école bride la créativité des enfants et peut induire du stress.. Je suis très partagée vis à vis de l’école, je travaille dans l’éducation nationale, mais j’ai travaillé dans une école démocratique et je suis très intéressée par l’IEF… c’est un sujet complexe, chaque enfant et famille étant unique.

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