Lecture Estivale #4 : Jouons ensemble… autrement

Pour ce quatrième article sur mes lectures de l’été 2016, je vous présente Jouons ensemble… autrement de Catherine Dumonteil-Kremer. Pourquoi ce livre ? Sachez, chers lecteurs.trices, qu’il n’y a rien de plus important que le jeu ! Oui, c’est même plus important que la politique, votre travail, ou tout autre chose trop sérieuse qui nous ferait dire « on ne s’amuse pas, là ! ». Pourquoi se priver d’un biais si agréable pour consolider des relations, régler des conflits et se comprendre ?

Mais, à quoi ça sert de jouer ?

Dans une relation, entre adultes, entre enfants, entre adultes et enfants, le jeu est un liant. Il relie deux ou plusieurs personnes autour d’un même jeu, il va donc mettre en relation, mais aussi consolider la relation. Jouer participe à créer, développer et renforcer la relation parent/enfant.

Avec le jeu, on peu régler les conflits, et les rejouant avec des peluches ou des poupées et essayer de trouver une autre issue au conflit qui a existé. Les soucis et les tensions s’évaporent sous les éclats de rire ! Mais surtout, le jeu est même le cœur de la découverte du monde pour tous les enfants, à tous les âges. Cela me fait penser à ce que dit André Stern, l’auteur de et je ne suis jamais allé à l’école, qui explique que l’on apprend par le jeu, en jouant, il théorise très justement le premier principe du unschooling. Oui, le développement physique, social et intellectuel de votre enfant se fait principalement, si ce n’est totalement, par le jeu !

L’importance primordiale du jeu

Le jeu libre est l’activité de base des enfants. Ils expérimentent des situations, imitent les adultes, parlent de leur journée…

Un jeu, comme je le disais juste avant, peut permettre de régler un conflit, mais aussi de revivre quelque chose qui nous a fait peur ou qui s’est mal passé, pour les enfants, ça peut être une dispute familiale, un problème à l’école ou un rendez-vous chez le médecin. En rentrant d’un rendez-vous chez le pédiatre, votre enfant peut avoir envie de « jouer au docteur » avec ses peluches ou avec vous. Essayez de le regarder ou d’interagir dans son jeu, vous le verrez analyser ce qui s’est passé, exprimant son angoisse ou son énervement, emmagasinant des connaissances sur cet évènement qu’est la visite chez le médecin.

Il également possible, et même fréquent, de jouer dans le cadre de formation pour adulte, de groupe de supervision, ou pour renforcer les liens dans une équipe de travail. Les moments conviviaux permettent de travailler plus efficacement par la suite. Dans les exemples cité par l’auteure, j’ai retrouvé certains jeux que nous avions expérimenté, en groupe, lors de ma formation en travail social.

Catherine Dumonteil-Kremer explique également l’importance du jeu pour les enfants qui ont vécu la guerre ou des évènements traumatisants. Oui, même dans les camps réfugiés, il est essentiel de pouvoir jouer.

Enfin, on peut aussi utiliser le jeu ou l’humour, pour poser les règles. Un interdit répété en chanson ou en grimace passera beaucoup plus facilement et ne sera pas source de tensions.

Le jeu ; une mise en difficulté ?

Personnellement, ma mère jouait beaucoup avec ma sœur et moi lorsque nous étions petites, nous faisons régulièrement des soirées jeux de société lorsque nous nous retrouvons en famille, et même avec mon copain et certains de mes amis, nous apprécions ce type de soirée. Je n’ai aucune difficulté à jouer avec ma fille, je suis même plutôt impatiente de lui faire découvrir les Playmobils, les Legos, et tout un tas d’autres choses. Lorsque je joue à des jeux de société non coopératifs mais de compétition, cela ne me dérange pas de perdre. Je ne joue pas pour gagner, mais pour le moment convivial que cela amène.

Toutefois, je suis bien consciente que ce n’est pas le cas pour tout le monde. L’auteure explique que beaucoup d’adultes peuvent avoir du mal à jouer, que ce soit avec leurs enfants ou avec des adultes. Il y a beaucoup de facteurs qui peuvent entrer en jeu : l’idée que nous allons nous ennuyer, que ce n’est pas utile, le sentiment d’être ridicule, la compétition, que l’on ait été un éternel perdant ou que l’on veuille absolument gagner, mais aussi la fatigue ou la colère. Catherine Dumonteil-Kremer, après avoir évoqué les avantages du jeu, explique comment réussir à passer outre nos blocages, en les explicitant.

La coopération plus que la compétition

On peut avoir ces souvenirs d’enfance de jeux où l’on perdait tout le temps, où le perdant était moqué par le reste de la famille ou le groupe d’amis. L’auteur explique bien les dangers de la compétition et l’importance de privilégier les jeux coopératifs. Elle en donne plusieurs exemples, que ce soit des jeux physiques, d’extérieurs ou de société.

Elle propose de sortir du cercle perdant/gagnant, qui n’aide pas au développement de l’estime de soi, et je ne peux qu’être d’accord avec ça. Je pense qu’il est plus intéressant et stimulant d’agir ensemble que l’un contre l’autre.

D’autre part, elle explique qu’il ne faut pas s’enfermer dans des règles trop strictes et inadaptées. Parfois, les règles d’un jeu sont trop compliquées pour les enfants, qu’est-ce qui nous empêche de les adapter à eux, à notre fonctionnement ? Un jeu n’est pas immuable, il change en fonction des participants. De plus, tricher n’est pas grave. Et oui, c’est dit. Ce n’est pas grave. C’est d’ailleurs parfois la seule solution pour un enfant de jouer. Il apprend aussi par là, il découvre, il assimile.

Le respect d’autrui, à travers le jeu

il y a un petit passage qui m’a beaucoup marqué pour illustrer cette idée de respect dans le jeu. A la page 45, l’auteure explique que les chatouilles peuvent provoquer des sensations pénibles pour l’enfant, comme pour l’adulte. Le rire est ici uniquement un réflexe du corps, et non une marque de plaisir. Rien n’empêche d’y jouer, si les deux participants sont d’accord et que l’on s’arrête au premier « stop », sinon, on va droit vers une négation des émotions de l’enfant.

Petite, et encore aujourd’hui, je n’aime pas être chatouillée. J’en ai souffert, enfant, et parfois, je rencontre des moqueries, encore aujourd’hui. Comme si cela faisait de moi une personne pas drôle, ou une faible qui ne supporte pas les chatouilles. A ce que je sache, mon corps m’appartient et j’ai le droit d’accepter ou non un contact physique. Je n’aime pas cela, et j’évite le plus possible de chatouiller ma fille. En fait, clairement, je ne le fais jamais.

Mais à quoi jouer ?

Quelques idées de jeux que je fais avec Elie.

Elle a actuellement neuf mois et demi, mais certains des jeux peuvent convenir aux plus petits, vous connaissez le développement de votre enfant.

J’ai utilisé avec Elie une idée tirée du livre de Catherine Dumonteil-Kremer. Au parc, j’ai pris une grande et large écharpe à moi, que je place sur l’herbe. Elie est allongée sur le ventre, sur l’écharpe, et je la tire doucement, puis un peu plus vite dans l’herbe. L’écharpe et Elie glissent sur l’herbe, et elle rigole à chaque fois. Je ne fais pas durer ce jeu trop souvent, car elle aime trop bouger et s’enfuit rapidement de l’écharpe !

Une autre idée que j’ai eu, par hasard, chez moi. J’ai un petit stock de gobelets en plastique qui date d’avant ma période de réduction des déchets. Je les empile façon chamboule-tout sur ma table basse et Elie se met debout en s’agrippant à la table et donne des coups de poings dans le chamboule-tout improvisé. Elle adore me regarder installer les gobelets puis les faire tomber. Ils sont si légers qu’elle ne risque pas de se blesser ou de se faire mal quand ils tombent.

Parfois, Elie tire sur la nappe de la table, et la nappe se retrouve rapidement au sol. Dans ces cas-là, je m’assieds par terre, je tiens la nappe tendue avec mes bras et je crée une sorte de mini-cabane pour Elie et moi. Elle aime bien aussi, elle essaye d’attraper le tissu ou elle en profite pour me faire un câlin.

Pour les grands

Entre adultes, nous jouons souvent à divers jeux de société : Tarot, Les aventuriers du rail, Dixit, Seven Wonders, Jamaïca, Mr Jack… Parfois, pour certains jeux, avec mon copain, nous jouons deux personnes chacun, lorsque nous ne sommes que tous les deux. Cela rend le jeu plus vivant.

Pour les apéros entre amis, pourquoi pas des questions de culture général ou des petites énigmes ? Il n’est pas la peine de compter les points, juste de discuter tous ensemble pour répondre au poseur de questions. Chez nous, celui qui pose les questions change à chaque tour. Nous ne mettons pas de compétition dans ce jeu, chez nous, c’est juste pour s’amuser et discuter à l’apéro.

Mon copain aime beaucoup aussi inventer des vies et des histoires. Il passe parfois du temps à me raconter qu’il a vécu aux États-Unis, dans les années 80, avec son « pote John » ou d’autres histoires marrantes. Lorsque je vivais avec ma mère et ma sœur, j’avais parfois l’habitude de leur faire une petite comédie musicale, en chantant et dansant avec un balai pour raconter ma journée ou pour raconter des bêtises. On peut aussi tout simplement parler avec une autre voix, ou parler en franglais, pendant tout un repas, c’est souvent très drôle.

Il y a quelques jours, notre fille mangeait des morceaux de pastèque et elle en a fait tomber plusieurs par terre, après les avoir mâchouiller. Je n’ai pas l’habitude de jouer avec la nourriture, mais là, sachant qu’ils allaient finir à la poubelle, je n’ai résisté, j’en ai lancé quelques morceaux sur mon copain. Il s’en est suivi un bon fou rire (et une douche).

Mais, il y a des jeux encore plus simples : chahuter sur le canapé ou faire une bataille d’oreillers, se lancer une petite balle de tennis, faire un concours de rime, le jeu des plaques d’immatriculation, en voiture, un petit bac… A vous de voir ce qui vous plaira, ce qui conviendra à votre famille.

Et les éclats de rire…

Je voudrais terminer par une citation du livre, à la plage 28 : « Le plus court chemin entre votre enfant et vous : l’éclat de rire ». Il n’y a rien de plus vrai, et c’est aussi le cas entre adulte. Le rire est le ciment des relations humaines.

J’ai lu : Jouons ensemble… autrement, Catherine Dumonteil-Kremer, éditions La Plage, 160 pages

 

Pour aller plus loin… 

 

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