Lecture Estivale #2 : Naissances

Déjà de retour avec ma deuxième lecture, et moins vindicative, comme promis ! Aujourd’hui, je vais vous parler de Naissances, il s’agit d’un recueil de textes courts écrits par plusieurs autrices ; Marie Darrieusecq, Hélèna Villovitch, Agnès Desarthe, Marie Desplechin, Camille Laurens, Geneviève Brisac, Catherine Cusset et Michèle Fitoussi. Les récits ont été rassemblées sous la direction d’Isabelle Lortholary.

Les autrices évoquent la naissance et les évènements qui l’entoure ; grossesse, préparation à l’accouchement, accouchement, vie avec les enfants, mais aussi lorsque les enfants deviennent grands.

Des récits drôles, impudiques et vrais ?

La quatrième de couverture qualifie les romancières de « drôles, impudiques et vraies« . Vrai, ça je n’en doute pas. Impudique, je ne sais pas. Je n’ai jamais vraiment compris ce que l’on mettait derrière le concept de pudeur, il semble être différent et propre à chacun. Si vous n’avez pas envie qu’on vous raconte une césarienne, des angoisses de grossesse ou que l’on défèque quand on accouche, alors oui, c’est impudique. Mais drôle ? Personnellement, j’ai été touchée, perturbée, émue et même parfois mal-à-l’aise, mais je n’ai pas rigolé une seule fois. Peut-être ne suis-je pas encore assez au clair avec mon propre récit d’accouchement, peut-être que tout cela est encore trop récent pour moi. J’avoue que j’avais une certaine appréhension à lire ces récits, par rapport à mon propre accouchement.

Quand le médical fait mal… 

Au travers des récits faits par les différentes autrices, on trouve des traces de violence médicale qui m’ont retournées. La première évoque, par exemple, avoir eu une césarienne sous anesthésie générale, à cause d’un problème lors de l’accouchement, mais elle ignore quel était ce problème, aucun membre du corps ne lui a dit de quoi il s’agissait. Pourquoi maintenir les patients dans l’ignorance ? Cela me fait penser à cette sage-femme, lors des cours de préparation à la naissance, qui me disait que l’on préférait ne pas informer les femmes qu’on leur fait une épisiotomie, parce que sinon, elles posent des questions et elles s’inquiètent. Je trouve cela beaucoup plus inquiétant de savoir qu’il existe la possibilité que l’on subisse un acte médical sans que jamais personne ne nous en parle et que tout le monde trouve cela normal.

A une autre qui refuse la péridurale, l’infirmière qui passe la voir durant le travail est sèche, désagréable et lui dit « Ne soyez pas égoïste » (p 66). Par rapport à quoi, on ne sait pas. Plus tard, elle la menace de souffrir encore plus et insiste pour qu’elle accepte la péridurale. Son gynécologue lui sort « aucune gloire à tirer de ce défi » (p 66). Dans le fait, son choix est respecté puisqu’elle accouche sans anesthésie, mais elle reçoit plus de critiques et de moqueries que de soutien durant son parcours d’accouchement.

Enfin, une autre se fait littéralement hurler dessus alors qu’elle fait part de son angoisse de mourir lors de l’accouchement, durant un cours de préparation à la naissance. Le médecin lui dit qu’elle inquiète les autres femmes présentes, qu’elle pourrit l’ambiance du groupe… Très peu d’écoute pour son angoisse, il finit par tenter maladroitement de la rassurer avec un entretien seul à seul, auquel il l’avait convoqué pour qu’elle arrête d’exprimer son angoisse avec le groupe. Après son accouchement, la même romancière raconte qu’elle n’arrive pas à trouver la bonne position pour allaiter et l’infirmière lui réplique « vous êtes idiote » (p 126). Cela se passe de commentaire.

Les passages que j’ai préféré

Hélèna Villovitch parle, à travers son bébé qu’elle surnomme son lapin, des angoisses de parent (maladies, accidents, etc…). Malgré la gravité du sujet, cela reste léger et agréable à lire, et on comprend son cheminement, ses ressentis. De même pour Agnès Desarthe évoque aussi les angoisses de parent, mais aussi de la grossesse, avec le fait que l’on change, que le couple change. Elle en parle d’une façon qui prend aux tripes et qui m’a beaucoup parlé, je ne suis pas sûre que j’étais prête à lire quelque chose d’aussi fort.

Enfin, en tout dernier, Michèle Fitoussi raconte le départ de la maison de son fils, j’ai beaucoup aimé la façon qu’elle a d’expliquer ce qu’il se passe, ce qu’elle ressent, face à ce départ.

Voilà, on va s’arrêter là. J’ai apprécié cette lecture, même si elle était plus difficile que ce que à quoi je m’attendais. Je ne suis pas certaine que j’aurais aimé le lire AVANT d’accoucher. Plusieurs des autrices évoquent et racontent leur césarienne, ce que ça a provoqué en elle, comment elles ont vécu avec après, donc si cela vous concerne, ça peut vous intéresser. Petit détail, il y a une postface de René Frydman, que je n’ai pas eu envie de lire, après ma dernière lecture de lui.

On se retrouve bientôt pour une nouvelle lecture !

En attendant :

J’ai lu : Naissances  – Récits, (sous la direction de) Isabelle Lortholary, éditions l’Iconoclaste, 180 pages, 2007

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