Psychologie du développement

Avant de devenir maman, j’ai fais trois année d’étude de travailleuse sociale et une année de licence de sciences de l’éducation. J’ai eu, entre autre, des cours de psychologie du développement, psychologie de l’enfant et de l’adolescent. Je voulais partager avec vous ce qui m’a marqué durant ces cours, et qui prend une autre tournure maintenant que je vois en direct ma fille se développer. 

Je ne suis en aucun cas une experte dans ce domaine, je vous partage seulement ce que j’ai appris et qui me correspond.

 Qu’est-ce que le développement ?

Le développement est un processus progressif et continu de croissance de toutes les dimensions de la personne. Il est différent de l’apprentissage, qui est une modification d’un comportement et qui permet à l’individu de s’adapter à un nouvel environnement. Souvent, les deux s’entrecroisent. Lorsqu’un enfant apprend à marcher, c’est une étape de son développement, mais c’est également un apprentissage lié à son environnement : il voit ses parents marcher, il souhaite attraper des objets hors de sa portée lorsqu’il est assis ou à quatre pattes.

Tous les théoriciens de la psychologie de l’enfant ne sont pas forcément d’accord entre eux, ce qui rend les choses tout à fait simple ! Par exemple, le psychologue américain John Watson pensait que tous les comportements étaient issus de l’apprentissage. Pour le français Piaget, l’apprentissage n’était possible qu’à un certain niveau de développement.

Pour prendre un autre exemple, Lewin mettait la notion de développement en lien avec la société. Une société n’autorise et n’interdit pas les mêmes choses selon l’âge. Le développement prend donc la forme d’un équilibre qui se réajuste constamment entre l’exploration des possibles et les limites de la société.

Le bébé se développe dès sa naissance, mais il a également des capacités qu’il a acquises intra-utéro.

Les capacités de votre bébé à la naissance

La boîte crânienne d’un nouveau-né est significativement plus petite que celle d’un adulte, un nourrisson a donc des capacités que l’on peut considérer comme restreintes par rapport à un adulte. On estime que le développement du cerveau continue jusqu’à environ 25 ans. Tout ce qui est vécu durant la petite enfance, l’enfance et l’adolescence jouent sur le développement du cerveau. Pour que le cerveau se développe ; un enfant a besoin de stimulation, d’interactions avec autrui, que l’on reconnaisse ses émotions et qu’on les accompagne.

Mais, il semble évident qu’un bébé n’a pas zéro compétence à la naissance, bien au contraire. L’odorat et le goût sont exercés intra-utéro, ainsi que l’ouïe qui est déjà bien développée à la naissance. Une étude de Marlier, Schaal et Soussignan en 1998 montre que les bébés reconnaissent l’odeur de leur mère dès la naissance. D’autre part, on sait que les bébés différencient les saveurs, et ont souvent une préférence pour le sucré.

Un bébé est également sensible au toucher, aux caresses, mais aussi aux sensations de chaud et de froid, même s’il ne gère pas la température de son corps de la même façon que nous. La vue est la compétence sensorielle la moins développée, à la naissance, un bébé voit à une distance d’environ 20/30 centimètres, et il ne distingue pas les couleurs. Sa motricité est spontanée, involontaire et désordonnée. Elle tient plus du réflexe que du contrôle.

Ainsi, votre bébé a beau avoir des compétences dès la naissance, et je suis toujours impressionnée de voir les capacités de ma fille évoluer de jour en jour, il reste démuni et a besoin de la présence d’un adulte pour survivre, tout simplement.

Le bébé démuni à la naissance

Un des points qui m’avait le plus marqué durant ces cours était donc la notion de bébé démuni à la naissance. Nous avions abordé ce point lors du cours sur la théorie de l’attachement de Bowlby.

En effet, il explique que le bébé humain est démuni en venant au monde, il ne peut pas survivre seul, mais il veut survivre. Il a donc besoin d’une proximité avec un adulte protecteur, c’est un besoin primaire pour lui. Il cherche donc à interagir avec cet adulte à travers les cris, les pleurs, le contact physique, les regards… Il communique par tous ces biais. Les pleurs des bébés peuvent nous sembler difficiles à supporter, mais n’oublions pas qu’il s’agit de son seul moyen de communication. Il n’est pas toujours simple de comprendre ce qu’il exprime en pleurant, et plus d’une fois, je me suis sentie tout aussi démunie que ma fille devait l’être, mais petit à petit, on y arrive, promis.

L’attachement, selon Bowlby, se fait à travers une conduite interactive avec l’entourage. La relation s’établie avec les soins physiques et la sécurité affective. Toutefois, je voudrais souligner une critique aux écrits de Bowlby : il se focalisait uniquement sur la relation avec la mère, qui est effectivement importante, mais il faut aussi prendre en compte tout l’entourage, l’autre parent, la famille, les personnels d’éducation (assistant.e maternel.le, personnel.le de crèche…). Ainsi, pour survivre, le bébé développe des relations sociales avec tout son entourage.

Le développement des relations sociales

Dès sa naissance, le bébé cherche à communiquer avec son entourage. Comme je l’écrivais juste avant, Bowlby parlait du besoin d’autrui primaire pour le bébé. Wallon, également, considérait le bébé comme un être génétiquement social.

Votre bébé communique avec vous par différents moyens :

  • Corporel : ajustement corporel entre le bébé et le parent qui le porte, qui le tient dans les bras, dialogue tonique entre les deux corps.
  • Visuel : échange de regard entre le parent et l’enfant.
  • Vocal : pleurs, cris, babillages, vocalisations

Ces moyens d’expression servent à votre bébé à entrer en relation avec vous, cela lui permet d’exprimer ses besoins, ses émotions.

La place primordiale des émotions

Le pédagogue Henri Wallon expliquait que les émotions étaient primordiales à la vie de l’enfant. Elles sont les premières activités psycho-biologiques complexes et sont identifiées à l’activité motrice. Pour lui, il y a un fondement biologique à l’émotion. L’émotion est un mode de communication sociale. En effet, les premiers échanges du bébé sont émotifs.

De plus, les émotions et leurs réponses par les adultes référents influencent la mémoire du bébé. L’adulte joue un rôle de médiateur entre l’enfant et le monde qui l’entoure.

Wallon théorisait également le fait qu’un bébé est capable de beaucoup d’empathie. En fait, il est même envahi par la détresse d’autrui, par exemple, il ne se différencie pas d’autrui. Puis, petit à petit, il apprend à se distancier et cherche à réconforter la personne en détresse.

Ainsi, un bébé est un mini être humain, qui a déjà de nombreuses capacités et qui va en acquérir plein d’autres, à votre contact et au contact de tout son entourage. Il ressent des émotions et il ressent les vôtres, et il a du mal à les différencier au début, mais il va apprendre, au fur et à mesure, à les identifier, toujours à votre contact et au contact de tout son entourage.

J’espère que cet article vous aura intéressé, si tel est le cas, n’hésitez pas à me le dire, si vous voulez que j’approfondisse ou que je développe certains points.

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2 réflexions sur “Psychologie du développement

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