Je n’ai pas oublié mon enfant.

Titre énigmatique, pour une histoire qui l’est tout autant. Mais elle n’est pas drôle. Il y a deux jours, il m’est arrivé une étrange mésaventure. Je vous coupe tout de suite le suspense : j’ai eu un ictus amnésique.

Judith-nain

En gros, j’ai perdu la mémoire pendant une période de 5h. J’étais incapable de me rappeler ce que j’avais dit la minute d’avant. Ce qui faisait rire au début mon conjoint, l’a très vite affolé. Il a finit par appeler le Samu qui est venu me chercher.
Moi, j’étais morte de trouille, car j’ai très vite compris à la tête de mon amoureux que quelque chose clochait (bien oui, ça faisait dix fois que je répétait « je  crois que je fait une psychose puerpérale » comme si c’était le première fois que je le disais).
Je ne faisais pas de psychose puerpérale. Mais c’était tout aussi inquiétant. Je ne sais pas pourquoi cette idée m’est venue en tête d’ailleurs. Surement car j’avais l’impression de devenir folle. J’ai commencé à m’en rendre compte car j’ai d’abord pensé que quelqu’un avait piraté mon compte facebook : je ne reconnaissais pas ce que j’avas écrit (d’ailleurs, s’il y a un truc marrant dans cette histoire et de positif, c’est que je me disais que c’était trop bien formulé pour que ce soit de moi)
Puis, quand je me suis rendue compte que ça s’étendait même à mes faits et gestes, j’ai compris que je déraillais.  Croyez moi, sentir que l’on perd les pédales de sa propre machine est une des choses les plus angoissantes que j’ai vécue.
Pourquoi je vous raconte tout ça sur un blog de parentalité ?
Parce que pour la première fois de ma vie, dans un moment critique, je n’ai pas pensé à moi.
Je n’arrêtais pas de me dire « si je perds la boule, Judith n’aura plus de Maman, Si je perds la tête, on va me retirer sa garde ». Je m’en fichais pas mal en fait, de devenir folle. J’ai toujours pensé « heureux les fêlés, car ils laissent passer la lumière », une jolie façon de dire que quand on est fou, on a plus de chance d’être heureux (j’ai un peu travaillé en psychiatrie, alors je sais aussi que ce n’est pas toujours le cas, je ne veux offenser personne).
J’étais terrorisée à l’idée de ne plus être capable de m’occuper de ma fille, à l’idée de la laisser sans maman. Ce fut ma première pensée.
Bien sûr, je me suis dit aussi que mon homme finirait par me quitter, qu’il aurait raison, que ce serait plus simple pour tout le monde et que je terminerai ma vie seule en institution mais qu’avec un peu de chance, je l’oublierai instantanément, comme Doris dans Némo (déformation professionnelle).
Voilà, tout ça pour dire que j’ai subitement réalisé que mon ordre des priorités a fondamentalement changé. Que l’amour que je voue à ma fille est déjà viscéral. ça pourrait paraître évident mais je ne trouve pas, du moins, je me posais vraiment la question. Est-ce que je peux aimer autant que ce que l’on prétend un être qui est entré dans ma vie il y a si peu de temps ? Et pourquoi d’ailleurs, l’aimerais-je si profondément ? ça ne peut reposer sur le simple fait qu’il est le fruit de notre conception, si ? Alors, n’est-ce pas purement narcissique et tronqué ? Est-ce qu’on ne peut pas aimer sincèrement que les personnes qui nous apportent quelque chose de positif ? Qu’a t-elle bien pu faire pour moi du haut de ses 3 mois ?
Me rendre très inquiète sur le moindre de mes faits et gestes au cours de ma grossesse ? Réduire mes nuits au point peut-être, de me causer cet ictus amnésique ?
Je pose volontairement les mauvaises questions, par pudeur probablement. Ce n’est pas un secret, révélé par l’existence même de ce blog, que mon bébé a profondément bouleversé ma vie et a amené avec lui un torrent de sentiments.
Depuis son arrivée, j’ai changé sur bien des facettes. Je pleure face aux infos. J’ai reconsidéré mes rapports à la (belle) famille, j’essaye de bien m’entourer, de m’informer, d’être plus conciliante, et aussi plus ferme. Je me réadapte sans cesse, réévalue chaque situation. Et je crois sincèrement que ma fille fait de moi, une « meilleure moi »*.
(* ça reste cependant mon avis personnel aha faudrait demander à mes proches !)

Je n’ai pas beaucoup (du tout) écrit ces trois dernières semaines, suite à la reprise de mon travail. Si j’ai la chance d’avoir un boulot pas trop inintéressant, ça ne me réjouit pas non plus de me séparer d’elle. Même si je suis à temps partiel, même si c’est le papa qui la garde. Ce stress, le manque de sommeil, a sans doute jouer sur cette histoire d’ictus amnésique.
J’ai eu tellement peur, à bien des niveaux que je vais profiter pleinement des jours que l’on m’a octroyer pour me reposer. Et je l’espère, partager à nouveau avec vous mes aventures de Maman !

Indice :

diversification alimentaire
(SPOILER : la question du moment c’est la diversification alimentaire ! Si ma fille de 14 semaines est pourtant trop jeune selon les recommandations de l’OMS, elle montre déjà un intérêt certain pour la nourriture ! )

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6 réflexions sur “Je n’ai pas oublié mon enfant.

      • je ne nais pas femme dit :

        Courage !
        Le repos et le sommeil est souvent le premier fantasme des jeunes parents 😀

        J’ai oublié mon amab une fois… je veux dire, vraiment.. j’étais tellement bien dans mon lit, sous la couette, à écouter la pluie et le vent dehors… et j’ai oublié d’aller chercher minibus chez l’ass.mat !
        Ca arrive, avec ou sans perte de mémoire alors pas de quoi culpabiliser. On est tellement mis à l’epreuve après l’arrivée de bébé que parfois le corps, ou l’esprit ne suit plus.

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