DE L’ALLAITEMENT AU BIBERON

Avant de savoir ce qu’était l’allaitement, j’en avais entendu beaucoup de choses… Je vous livre un florilège :

  • « C’est la plus belle chose au monde.»
  • « C’était l’horreur, il est hors de question de recommencer pour le deuxième, plus jamais. »
  • « Impossible pour moi de concilier vie de femme, vie de couple et allaitement. »
  • « Je pouvais nourrir le continent. J’étais une fontaine. »
  • « Maintenant j’ai les seins en gants de toilettes. »
  • « J’ai eu mon premier orgasme en allaitant. »
  • « Si tu lui donnes le colostrum, ça suffit. »
  • «  Je n’ai pas eu de lait, ce fut un crève-cœur. »

Un peu confuse par toutes ces opinions radicalement opposées, je m’étais dit que je me ferais ma propre expérience. Dans l’idéal, je voulais allaiter 2 mois. Cette « limite » reposait sur un mélange de peur que mon couple en pâtisse et l’envie de donner de bons anticorps à mon bébé.

allaitement

(gravure sur tetrapack, encre, impression avec machine à pâtes)

1 – Donner le sein pour la première fois :

J’ai adoré la mettre au sein juste après la naissance, j’ai eu l’impression de rentrer tout de suite dans mon rôle de mère. Je n’ai pas eu le temps de me poser de question car Judith savait comment faire et la sensation ne m’a pas surprise.

Ma sage femme nous avait mises en garde : « gare à vos mamelons si vous laissez suçoter votre petit les premiers jours : téter oui, suçoter non. ». Heureusement qu’elle nous avait donné quelques échantillons de crème ( Lansinoh, mais ensuite j’ai acheté Avent, moins chère) car j’ai effectivement eu bien mal. Un de mes seins avait comme de petites gerçures.

Jusque là, tout allait presque bien donc, et puis ça a été le festival des conseils contradictoires et des intrusions de la part du corps médical. Et vas-y que je te presse les seins sans autorisation pour voir si du lait en sort, et que je te colle ton bébé sur le mamelon pour vérifier comment tu t’y prends…

Je n’avais AUCUNE envie qu’on m’aide, je trouvais qu’on s’en sortait très bien. Si j’ai une question, en général, je la pose, pas besoin de venir m’inspecter.

On me donnait des tranches horaires à respecter qui changeaient en fonction de la personne qui me les donnait. A la fin, avec la fatigue, j’avais envie de tous leur arracher les yeux (et je suis non violente). D’ailleurs en parlant de violence, une auxiliaire de puériculture m’a même recommandé de pincer le pied de mon bébé pour la stimuler lors de la tétée, au secours !

Ce qu’il faut retenir, c’est que pour que le lait arrive, le bébé doit stimuler la lactation, et pour cela être mis au sein assez régulièrement (moi j’ai retenu toutes les 2/3 heures). En bref : N’hésitez pas à vous affirmer face au personnel, cela vous évitera peut-être quelques moments désagréables. Surtout qu’il ne faut pas oublier que la stimulation de la lactation, stimule aussi la rétractation de l’utérus. Et ça fait… MAL (ce qui m’a aidé à supporter la douleur, c’était de me dire que j’allais retrouver plus rapidement ma « forme »).

2 – La montée de lait – les premières semaines d’allaitement

Ah, la montée de lait, ce doux moment ou tu penses que tes seins vont exploser, et que tu serais prête à tout pour t’en libérer (« Chéri je t’en supplie essaye de les désengorger avec ta bouche!!! »  « Non, non, et non c’est trop bizarre ton histoire ! »). Et autant je n’ai pas eu l’ombre d’une vergeture sur le ventre et les seins pendant la grossesse, autant là, une nuit a suffit pour faire apparaître un réseau routier. Mon petit 90B n’a pas survécu (tant qu’elles sont rouges, on peut les réduire, mais il ne faut pas attendre et les hydrater immédiatement, j’ai trouvé l’huile WELEDA assez efficace).

Je me souviens m’être dit « si c’est ça l’allaitement, très peu pour moi merci ». Si au bout d’une semaine ça s’est arrangé, je continuais à me dire : « c’est trop aliénant, j’arrêterai à deux mois.». Puis ces deux mois ont passés, je m’y suis fait, et maintenant que je vois le côté pratique j’aimerai ne plus arrêter… Mais je reprends le travail et je ne sais pas encore ce que ça induira.

Top 3 de Ce que je n’aime pas dans l’allaitement :

  • Cela ne facilite pas la place du deuxième parent,
  • Le lait maternel se digère vite, il faut donc nourrir son enfant très régulièrement,
  • Être soudainement indispensable.

Top 3 de Ce que j’aime dans l’allaitement :

  • On a toujours tout ce qu’il faut sur soi et on fait des économies,
  • On retrouve sa silhouette facilement,
  • Être soudainement indispensable.

Et puis, sans vous faire un poème à deux sous, je dois avouer que je trouve ça beau, de fabriquer quelque chose, de plonger dans ses grands yeux, d’avoir ce pouvoir magique pour l’apaiser. Ça me fait réfléchir de renouer comme ça avec l’origine des choses. Tout d’un coup ça ne me gênait plus que quelqu’un voit mes seins en dehors de la chambre à coucher.

3 – Le passage au biberon

biberon

Pour l’instant Judith ne prend pas le biberon, je finis toujours par lui donner le sein. Je n’arrive pas à me dire que je vais la laisser pleurer juste pour qu’elle prenne ce foutu biberon. Mais il faut bien que je la prépare un peu à mes absences.

La première fois que son papa lui a donné (lait maternel), elle a d’abord bu goulument, puis s’est mise tout d’un coup à hurler. C’était ses premiers vrais pleurs. Cela a duré 10/15minutes et je n’ai pu la calmer qu’en l’allaitant. On ne sait pas ce qu’il s’est passé. A-t-elle trop bu ? A-t-elle avalé trop d’air ? Lui ai-je tout d’un coup manqué ?

Ce qui est compliqué avec un bébé c’est que des fois on ne sait pas et qu’on ne saura jamais.

En tout cas, aujourd’hui le passage au biberon n’est pas une évidence. On a essayé différentes astuces (tasse à bec, pipette, lait maternel, lait relais, lait bio…) Ce qui semble marcher le mieux pour elle est un biberon imitant le sein maternel. Mais ce n’est pas encore super concluant.

Avant de reprendre le travail, j’ai décidé de sortir avec des copines. Je me suis autorisé à boire 2/3 bières tout en prévoyant de jeter mon lait. Histoire d’être « obligée » de ne pas céder à l’appel du sein. Etonnement ça a marché. Quand le papa a appelé pour que je rentre ( au bout de 2h, parce qu’elle hurlait à en faire trembler les murs) je lui ai expliqué qu’elle ne pouvait pas boire le lait de maman car il était pas bon. Et elle a pris le biberon sans encombre (de temps à autre je la laissais suçoter au sein en veillant à ce qu’elle ne tête pas pour la rassurer).

Mais pour mon premier jour de travail, elle a attendu que je rentre (3h) pour manger… Et bien sûr, elle a hurlé mon absence…C’est tellement douloureux. Pour elle qui ressent le manque, pour moi qui ne voudrait pas la quitter, pour le Papa qui se sent impuissant. Tout le monde me dit que c’est une étape nécessaire (si on a besoin de sous oui…), et que ça ne durera pas. Mais quelle étape !

 

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3 réflexions sur “DE L’ALLAITEMENT AU BIBERON

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