Récit d’accouchement

1- Les signes annonciateurs de l’accouchement

ananas-enceinte

Mercredi soir, j’ai comme un pressentiment, qui me maintient éveillée la quasi totalité de la nuit. Le lendemain midi (jeudi donc) je perds le bouchon muqueux. Google me dit que ça ne veut rien dire même si cela annonce que ça s’approche cela peut durer encore quelques jours. Alors je décide de mettre toutes les chances de mon coté et je teste trois remèdes de grand mère :
– je bois un litre de jus d’ananas.
– je fais une grande marche rapide avec mon teckel.
– . … et je sollicite mon conjoint pour un (gros) calin ˆˆ !

Je ne peux pas vous dire lequel de ces trois remèdes a fonctionné mais à 20H, première contraction « douloureuse » (j’en avais depuis 16h mais de manière anarchique et sans douleurs).
Je commence à les noter. Mon objectif est de rester à la maison le plus longtemps possible pour être libre de vivre cette expérience comme je le souhaite. Mais surtout, d’éviter la péridurale, et je sais que chez moi, je ne pourrais pas être tentée.

2 – Gérer la douleur des contractions

chant-prenatal

 Chacune de ces premières contractions me remplie de joie, j’accueille la douleur avec bonheur en me disant « enfin » !! Et je m’inquiète beaucoup dès qu’elles s’amoindrissent en temps et en intensité…
Mon homme est fatigué, je lui dis qu’il devrait aller se coucher car il aura surement besoin de force dans la nuit.
Il s’endort aussi vite. Je suis donc seule sur le canapé, à observer la douleur, je teste différentes techniques pour qu’elle soit ressentie de manière la moins désagréable possible. Surprise, c’est le chant qui me soulage le plus.
A minuit je commence à…. « Douiller ma race ». J’entame en « lalala » le refrain de « life on mars » à chaque contraction (la mort de David Bowie et les médias me l’ont mis en tête). Je le répète inlassablement comme un mantra, une formule magique (ce qui fera bien rire plus tard la sage femme de garde). A 1H, elles sont très rapprochées, toutes les 4 minutes. Je m’affole, il serait peut être temps de partir.

3 – Quand partir à la clinique ?

partir-a-la-clinique

 Je réveille ma moitié qui a beaucoup de mal à émerger et à réaliser (« tu me laisses dormir encore 30 Minutes ? » « … Bon je vais me faire un café »). Nuit glacée, voiture givrée, j’ai beau habiter à 5 min de la clinique à pieds, le temps d’accorder nos violons, de charger la voiture, on arrivera à 2H30. Mon chéri est parti garer la voiture, je sonne à la porte de la clinique, personne ne répond, j’ai une contraction sur le trottoir qui me plie en deux. On vient enfin me chercher. Je suis dilatée à 5-6 cm. Je demande à être prévenue avant le moment limite pour une pose éventuelle d’une péridurale bien que je souhaite accoucher sans. 15 minutes plus tard, après une grosse contraction, je change d’avis. J’ai peur des suivantes. Qu’est-ce que c’est si c’est pire ? J’ai envie de dormir. Je sais déjà que je vais accumuler deux nuits blanches. Aurais-je la force d’accoucher ? Quand ils me posent la péri, il est 3H30. À 7H02, Judith venait au monde, sans douleurs. Juste un effort physique de 10 minutes pour pousser. Jamais une nuit entière m’avait parue aussi courte.

4 – L’accouchement : la poussée

accouchement-bruit

C’est moi qui demande si j’ai l’autorisation de pousser, je la sens arriver. L’équipe n’est pas vraiment prête, mais j’insiste. Ils s’installent rapidement, Alors c’est parti. Sauf que… D’un coup, je réalise que je ne sais plus comment faire « Je me rappelle plus »  dis-je comme une enfant avouant qu’elle a fait une bêtise. « Prenez vos jambes, bloquez votre souffle » commence la sage femme « Ah oui c’est bon, c’est bon » je réponds en me mettant au travail. Tout le monde m’encourage efficacement, la mauvaise élève se sent maintenant comme une sportive de haut niveau, je donne tout ce que j’ai. Et quand je me sens à bout de force, c’est mon homme qui m’encourage de plus belle, je pousse une dernière fois, et je sens la tête qui passe dans un « plop » qui me fait rire. Je pense alors que c’est fini puisque ma sage femme m’avait dit « une fois que vous avez fait passer la tête, le plus gros est fait ». Mensonge ! Il faut maintenant faire passer les épaules ! Je continue à me surpasser en gardant en tête que je n’ai jamais été aussi proche de voir ma fille. Et c’est vrai, dans un ultime effort, elle est déjà là.

5 – Bonjour, petite merveille.

naissance

 Comment regretter quoi que ce soit ? Quand on nous pose notre enfant sur le ventre, on se laisse submerger par l’émotion. Pour ma part j’ai eu un fou rire, confondu avec des larmes de joies. Elle était déjà toute belle, rose, ronde, aucun stigmate de la naissance. J’ai tout de suite été très surprise par sa voix, je n’y avais jamais pensé auparavant, et je ne suis surement pas objective, mais il m’a semblé que c’était la plus belle que j’avais jamais entendue.

Je flotte sur un nuage d’amour. C’est un si beau moment dans ma vie. Je veux tout de suite la mettre au sein, car elle me tête le cou. Ses petites mains me caressent, c’est si beau. Ils me disent de patienter, et là le chirurgien part à la recherche d’un bout de placenta dans mon corps sans me prévenir. J’ai l’impression d’être une vache, je suis un peu sous le choc. Mais je regarde ma fille, et je profite du moment comme je peux, rien ne pourra gâcher cet instant. Je demande encore si je peux la mettre au sein, mais le chirurgien doit d’abord me recoudre (ah bon ?). Une fois qu’il a fini, je m’empresse de lui offrir le sein, et j’exige (j’ai du insister) de la garder le plus longtemps possible. On restera 45 minutes comme ça au bout desquelles ils reviendront la chercher, je suis épuisée.

6 – La clinique – un long séjour de… 3 jours.

sejour-a-la-clinique

J’ai détesté rester à la clinique. J’ai détesté les passages incessants des personnels quand tu n’as besoin que d’une chose : du repos. Évidemment, j’ai aussi eu la chance d’avoir des sages-femmes compétentes,  à l’écoute. Mais globalement, je me suis sentie libérée une fois rentrée. Et puis on oublie trop souvent de préciser aussi le niveau de douleur des contractions retours, celles qui remettent ton utérus en place… Pour ma part, elles ont étés aussi fortes ou presque que celles ressenties avant la péridurale, sauf que là, je n’y étais pas préparée et à bout de forces. Alors c’est vrai qu’on oublie tout, mais je voulais quand même le rappeler ici. Quand y’en a plus, y’en a encore !

J’ai essayé de partir de cette clinique plus tôt que prévu (au bout du deuxième jour) mais on me l’a « interdit ». Je n’en pouvais plus du personnel médical, de leurs intrusions, de leurs conseils (injonctions ?) contradictoires sur l’allaitement, de leurs remarques déplacées lorsqu’elle s’endort contre moi (commencez pas à lui donner de mauvaises habitudes !). Une sage femme a augmenté le chauffage à mon insu, une autre m’a dit de couvrir plus ma fille. Résultat, au soir la petite était déshydratée, demandait le sein sans cesse, et avait de la température. On m’a apporté un biberon d’eau et j’avais la haine. Surtout que quand je suis fatiguée je suis encore moins réceptive aux conseils non sollicités. Mais ma tante m’a dit « C’est ton bébé, écoute tout ce qu’on te dit, hoche la tête, tu prends le bon, jette le mauvais, mais une fois chez toi, tu feras comme tu veux. C’est toi la maman. »

C’est moi la maman… C’est moi la maman ! Qu’est-ce que ça me rend fière !

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