Récit d’accouchement

L’accouchement

Elie arrive !

J’avais toujours été plus ou moins persuadée que j’accoucherai en avance. Septembre s’est écoulé entre les rendez-vous chez la sage-femme et les séances de kinésithérapie, mais pas de bébé en vue. Ma date prévue d’accouchement par la sage-femme était le 6 octobre 2015. L’anniversaire de mon copain étant le 7 octobre, je n’avais pas envie d’accoucher à une date aussi rapprochée de la sienne. Je voulais qu’ils aient chacun leur anniversaire et pas que l’on fête leurs anniversaires ensemble toute leur vie. C’est un peu idiot, je vous l’accorde. Surtout que l’on ne choisit pas.

Le mercredi 30 septembre, en sortant de ma séance de kinésithérapie, je suis rentrée à pieds en faisant un petit détour. Je me sentais en forme. Le soir, avec mon copain, nous avons glandé à la maison, sur facebook et autres sites intellectuels. Nous nous sommes couchés tôt. Je ne sentais rien de particulier.

À 2h45, je me suis réveillée avec une étrange sensation d’humidité. Je suis bêtement allée aux toilettes et après quelques minutes, j’ai compris. J’étais entrain de perdre les eaux. J’ai immédiatement réveillé mon copain, qui a appellé son meilleur ami. Nous n’avions pas de voiture et son meilleur ami ne travaillait pas à cette période là, il nous avait assuré que nous pouvions le réveiller à n’importe quel moment.

J’ai pris une douche, mon copain a rassemblé les deux valises, la mienne et celle pour notre petite fille, puis nous nous sommes habillés. La voiture est arrivée pour nous emmener à la maternité. Ma grosse erreur a été de ne pas manger, car j’ai eu terriblement faim. Je n’ai mangé que le jeudi midi à l’hôpital.

Là, je m’attendais à accoucher dans la nuit, mais la vie en a décidé autrement. Nous sommes restés toute la journée du jeudi dans une chambre du service de grossesse pathologique. La sage-femme et l’auxiliaire de puériculture des urgences de nuit étaient adorables, mais celles du service de grossesse pathologique m’ont stressées plus que nécessaire. Mes contractions n’étaient pas très efficaces. De fait, le personnel du service voulait déclencher l’accouchement, l’accélérer médicalement. J’ai refusé à chaque fois, en m’énervant à la fin. J’utilisais un ballon pour gérer les contractions et je marchais beaucoup dans les couloirs de l’hôpital. Je ne voulais pas de péridurale pour le moment.

Le soir, vers 18 heures, nous sommes descendus en salle d’accouchement. Une nouvelle sage-femme, très froide, avec qui je n’avais pas du tout envie de passer la nuit, nous a accueilli. Heureusement, ce fut une autre sage-femme, nommée Imane, qui prit la garde de nuit, et je revis également l’auxiliaire de puériculture des urgences qui était super sympa et rassurante. Ce fut encore une autre, nommée Cindy, tout aussi sympa, qui resta avec nous pendant l’accouchement.

La suite ne s’est pas déroulée exactement comme je l’avais prévu ou rêvé. La sage-femme a été d’un grand soutien, elle a respecté mon désir, et quand j’ai eu la péridurale, c’était ma décision. Elle m’a beaucoup rassurée, en me disant qu’effectivement au départ je ne la voulais pas, mais avec la perte des eaux aussi longtemps avant, la fatigue accumulée, les contractions inefficaces, c’était normal que je souffre autant. L’anesthésiste m’a également dit que j’avais tenu très longtemps et que c’était très bien. Ils étaient très encourageants.

J’ai eu la péridurale vers 23 heures. Grâce à ce soulagement, j’ai pu me reposer un peu pour la première fois depuis que nous étions arrivés à la maternité. Je me suis même endormie un court instant.

L’accouchement en lui-même a commencé et j’ai poussé pendant presque une heure, mais ma fille ne venait pas. Je me sentais inutile et pas douée. Une rapide échographie a permis de constater que ma fille avait bougé. Elle n’était pas non plus en siège, mais elle n’était plus droite. Sur son carnet de santé, il est inscrit « présentation du bébé : tête, siège ou autre ». C’est « autre » qui a été coché.

Une interne en médecine, une externe, du personnel, plein de gens sont arrivés. Ils ont utilisé une ventouse pour sortir ma fille. Mon copain a du quitter la pièce, mais il refusait, il n’arrêtait pas de revenir. Il a failli s’engueuler avec la sage-femme et a crié sur une infirmière dans le couloir. Finalement, il a pu revenir et couper le cordon comme il le désirait. Je ne sais pas s’il m’en voudra que je l’écrive, mais il a pleuré en voyant notre fille. J’étais tellement émue de le voir ainsi, et de voir notre fille, Elie. Mais, j’étais surtout épuisée.

Elie est restée 45 minutes sur moi avant que le personnel ne lui fasse les tests et soins de la naissance, nous sommes restés seuls dans la salle d’accouchement. Elle a pris le sein tout de suite, elle a très bien compris comment faire. C’était un moment extraordinaire.

naissance-etoile-ciel

J’étais ailleurs…

J’ai demandé à mon copain quelle heure il était, quel jour on était, quel temps il faisait dehors. Je n’avais plus conscience de rien. Nous étions le vendredi 2 octobre, ma fille était née à 3h02 du matin, et il faisait nuit évidemment, on voyait les étoiles, le ciel était dégagé. Je ne ferais pas de mauvaise poésie sur ce thème, je le jure.

Ce qui m’a marqué tout de suite, c’était ses yeux. Deux petites billes noires. Oh, et elle avait des ongles. Je ne sais pas pourquoi, je croyais que les bébés naissaient sans ongles et que cela poussait après, comme les dents.

Voilà, nous étions parents. Du désir à la réalité. Notre fille était là.

Épilogue ? Ou premier chapitre ?

En fait, il faut que je le dise, mais d’écrire tout cela me donne les larmes aux yeux. Une vraie fontaine depuis que je suis maman, je peux pleurer en regardant les infos, alors qu’auparavant j’avais les paupières aussi arides que le Sahara.

Mon récit un peu fleuve est pour le moment terminé, mais il y a encore tellement à dire sur les six mois qui viennent de s’écouler !

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3 réflexions sur “Récit d’accouchement

  1. Mona Soline dit :

    Dans Juno ils expliquent que les bébés ont des ongles avant la naissance, il faut revoir tes classiques ! C’est un très beau récit et je suis contente de l’avoir lu, c’est vraiment intéressant à lire (et je suis aussi très contente d’avoir une si belle nièce) 🙂

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    • blog2mamans dit :

      C’est vrai j’avais complètement oublié, mais la dame anti avortement lui dit quand elle va à la clinique. Bon du coup elle utilise ça comme un argument contre l’avortement, ça craint un peu. Azalée

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