Les premiers mois avec mon bébé

Pourquoi mon bébé pleure-t-il ?

Si je dois garder un mot pour qualifier les deux premiers mois : pleurs. Je ne veux pas effrayer les futurs parents en écrivant cela, ce que j’ai vécu n’est pas le cas de tout le monde, mais c’est mon expérience.

Elie pleurait énormément. Elle pouvait pleurer jusqu’à quatre heures d’affilées sans s’arrêter. Elle dormait très peu, rarement plus de deux heures d’affilées. Elle tétait très régulièrement, parfois avec des intervalles de seulement une heure et demie. Elle avait une cicatrice due à la ventouse et avait du mal à tourner la tête, c’était douloureux.

J’étais tellement fatiguée, que, parfois, je me levais de mon lit et je tombais par terre, incapable de marcher. Je pleurais aussi beaucoup, je me sentais une mauvaise mère. Je passais plusieurs jours en pyjama, mais quelle importance ? Je recevais mes visiteurs en pyjama, tant pis. On mangeait des pizzas en livraison, tant pis. Nous avons fait le ménage deux fois en deux mois, tant pis. Je n’avais même pas le temps de ranger les cadeaux qu’Elie recevait.

Nous refusions de la laisser pleurer, seule, sans être présents. Nous ne pouvions pas toujours calmer ses pleurs, mais au moins nous étions avec elle. Elie dormait tellement peu que si elle s’endormait sur le coussin d’allaitement, sur mes genoux, je ne bougeais pas jusqu’à ce qu’elle se réveille, de peur de la déranger.

La famille, les amis, nous disaient « profitez, ça passe trop vite ». Et nous, on se disait : « profiter de quoi ? de ses pleurs inconsolables ? de ses douleurs du à la cicatrice ? de notre fatigue ? » Que l’on ne s’y méprenne pas, nous aimons notre fille. Mais, les deux premiers mois surtout ont été une période difficile. Je croyais qu’on ne s’en sortirait jamais (spoiler : on s’en est sorti !) (et vous vous en sortirez aussi, promis)

Nous la portions aux bras et en écharpe de portage. Je ne m’y connais absolument pas en portage en écharpe, mais on me l’a prêté et, vu le contexte dans lequel j’étais, j’ai accepté sans réfléchir alors qu’au début, j’étais plutôt partante pour le landau en promenade. Au final, l’écharpe m’a permis de sortir durant ses premiers mois, de faire de choses dans la maison en la portant. Elle dormait enfin !

Elle dormait avec nous, au début dans un couffin à côté du lit, puis dans notre lit. Je sais tous les dangers que cela peut engendrer, et il ne faut pas faire cela à la légère. J’ai culpabilisé et eu très peur les premiers jours. Mais, mon lit était sécurisé, nous faisions très attention et elle a enfin pu dormir un peu, et nous aussi.

Nous avons été voir une ostéopathe. Diagnostic : Elie était restée traumatisée par la naissance qui ne s’était pas très bien passée, surtout de son point de vue à elle. Lorsqu’elle avait bougé, elle s’était bloquée, les contractions la poussaient vers la sortie mais elle ne pouvait pas sortir. Après cette séance, nous lui avons beaucoup parlé, nous n’arrêtions pas de lui dire qu’elle était très forte, que nous étions très fiers d’elle.

Et, c’était vrai. Nous prenions une dizaine de photos par jour. Oui, par jour. Avec mon copain, nous la regardions, puis on se regardait en souriant bêtement et en se disant « c’est notre fille », et on recommençait. On s’émerveillait devant le moindre de ses mouvements. Je ne savais même pas que l’on pouvait avoir autant d’amour pour quelqu’un. Elle était déjà ma priorité, mais là, c’était concret. Plus rien d’autre ne comptait, à ce moment-là.

Avec un bébé, rien ne dure éternellement

Petit à petit, elle s’est apaisée, elle a commencé à faire des sourires, à s’intéresser à son mobile. Nous étions tellement soulagés. Deux mois, c’est court, mais très long quand ton bébé pleurs toutes les nuits, d’angoisse, de douleurs et d’autres raisons que tu ignores. Durant tout ce temps, nous ne l’avons jamais laissé seule. Si elle pleurait sans que l’on puisse l’apaiser, c’était dans nos bras, contre nous.

Puis, tout est allé très vite. Un jour, elle attrapait son jouet. Un autre jour, elle le mettait à la bouche. Ensuite, elle se retournait. J’ai enfin compris pourquoi on me disait « profite, ça passe vite ». Parce que oui, ça va très très vite.

Lors des fêtes de fin d’année, elle avait presque trois mois. Nous avons fait la tournée des repas de famille. Nous avons, mon copain et moi, tous les deux des parents séparés, des familles recomposées, et donc beaucoup de monde à voir. Tout s’est bien passé. Être dans la famille nous a soulagé. Beaucoup de gens demandaient à la porter, à la bercer, nous disions « oui ». C’était notre famille, et tous ceux qui demandaient avaient notre confiance. Nous avons pu faire un repas sans avoir notre fille sur les genoux ou dans les bras, c’était assez étrange et agréable, quoique culpabilisant.

Nous sommes revenus chez nous, fatigués par les fêtes, mais tous les trois plus apaisés. Elie a accepté petit à petit de faire ses siestes dans son lit, sans notre présence. Au début quinze minutes, puis trente minutes, puis une heure, et ainsi de suite. Nous la portions en la berçant et en chantant pour l’endormir. Nous lui donnions un doudou, et, petit à petit, à son rythme, elle a même réussi à s’endormir toute seule, sans pleurs, avec son doudou.

Elie jouait beaucoup avec son tapis d’éveil, elle a su vite se retourner dans tous les sens, attraper et secouer ses jouets. Je lui montrais des livres d’images, on a aussi fait quelques fois des massages. Je ne sortais pas tous les jours en promenade, plutôt en fonction de la météo et de son humeur.

Que de changements aujourd’hui !

Et, à cinq mois, par le plus grand des hasards, elle s’est endormie, un soir, à 20 heures. Nous n’avions pas mangé, et nous l’avons posé dans son lit et nous disant qu’on la prendrait dans notre lit quand elle se réveillerait vers minuit, comme elle faisait toujours. Nous avons mangé tranquillement. Nous avons attendu, attendu…

Sauf qu’elle ne s’est réveillée que le lendemain matin. D’un coup, elle avait fait sa première nuit complète, et dans sa chambre, dans son lit. J’adorais tellement dormir avec elle. Mais, je crois que je la réveillais en bougeant, je ne sais pas trop. Force est de constater qu’elle fait des nuits complètes dans sa chambre, mais dès qu’elle dort à nouveau avec nous, elle se réveille.

Aujourd’hui, à l’heure où j’écris, elle va avoir six mois, et tout va pour le mieux. Son rythme est prioritaire, elle ne fait pas ses siestes et repas tous les jours à la même heure, mais je m’adapte à elle. On joue beaucoup ensemble, je lui mets de la musique, je continue de lui montrer des livres d’images, de lui parler de tout et de rien. Je suis encore fatiguée, pour d’autres raisons médicales, mais je m’en sors mieux.

Ah si, lors du week end de Pâques, elle a eu des douleurs aux dents terribles. On a eu l’impression de replonger dans ses pleurs du début. Sauf que là, on sait pourquoi. Nous avons essayé les anneaux glacés, mais elle n’a pas trop apprécié. Les massages des pieds, vu dans un livre sur les massages, ont bien fonctionné. Puis, une petite promenade dans le porte bébé physiologique et un bain ont terminé de l’apaiser. Je lui disais également des paroles d’encouragement. Ce n’est que le début, elle en a des dents à sortir !

main-be¦übe¦ü

Mais, on va s’en sortir. Maintenant, j’en suis sûre.

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