Récit de grossesse

1 – Les premiers (et longs) mois de grossesse

grossir-enceinte

Les 3 premiers mois de ma grossesse ont étés interminables. Un gros nuage noir planait au dessus de ma tête : la crainte de perdre l’enfant. J’étais déjà tombé enceinte auparavant, deux fois. La première fois, j’ai avorté, pour un tas de raison : trop jeune, géniteur trop con, période particulièrement difficile au sein de ma famille… La décision a été facile à prendre. D’ailleurs même les personnes à qui je n’avais pas demandé leur avis (RRRrrr) m’avait dit de le faire.

2 – Avorter (sans dire au revoir)

avortement

Par contre, personne ne m’a dit qu’un avortement était douloureux. Je parle premièrement des douleurs physiques : j’ai du demander 3 fois de la morphine. Même si je ne regrette absolument pas mon choix (surtout pour le bonheur qu’est pour moi celui de faire un enfant à deux) cet avortement m’a fait un effet boomerang. A 18 ans, je l’ai jeté très loin en pensant qu’il était derrière moi, et puis quelques années plus tard, il m’est revenu en pleine face. Il faut savoir que j’ai traversé cette événement absolument toute seule. Le géniteur s’étant d’office exclu en me balançant  « si tu n’avortes pas je t’ouvrirai le ventre moi-même, tu vas foutre la vie en l’air de 3 personnes. » je n’ai pas non plus voulu embêter mes amis et ma famille avec ça car je pensais moi-même que ce n’était pas « grand-chose ». Pourtant j’ai compris plus tard, que cet acte ne m’était pas si anodin.

3 – Faire une fausse couche

fausse-couche

Après mon avortement, j’avais toujours « peur/envie » de tomber enceinte malgré la contraception. A tel point que je me provoquais des retards de règles. Soulagée/attristée par le résultat négatif des tests de grossesse, mes règles réapparaissaient comme par magie. Mais un jour, un test fut positif à ma plus grande surprise ! Quelle joie ! Et quelle joie aussi de voir accueillir le papa (mon conjoint actuel) cette nouvelle avec stupéfaction mais aussi bonheur ! J’étais tellement heureuse que je l’ai dit à tout le monde. Je suis même allé voir ma directrice de formation pour qu’on puisse prendre des dispositions (j’allais bientôt passer mon diplôme). Puis deux semaines plus tard, douche froide. La seconde prise de sang révèle que le taux de BHCG baisse… la fausse couche arrive… Et il faudra aussi l’annoncer à tout le monde (c’est donc ça la fameuse règle des 3 mois…).

C’est dur d’attendre d’expulser la mort. Je parlais sans cesse à mon «embryon» comme s’il allait ressusciter. Une partie de moi se flagellait d’avoir avorté une fois, comme si cela était lié (scientifiquement ou comme une punition divine). C’était stupide, d’autant plus venant de quelqu’un de très éloigné de toute forme de religion. Mais c’est aussi ça la grossesse : croire, et cela de manière presque primitive.

4 – La grossesse : une religion ?

grossesse-sacree

Moi qui suis profondément athée, j’ai eu l’impression d’être devenue subitement très croyante au cours de ma gestation :

  • Je vouais un amour sans fin à quelque chose que je n’avais jamais vu…mon bébé.
  • Je me privais des aliments qui pouvaient « l’offenser ».
  • Je partais à la recherche de tout ce qui pouvait m’élever vers le sacré, le beau (dans la musique, l’art et la littérature).
  • Je vouais un culte à la nature (« si on habitait à la campagne ? ») et j’avais envie de me rapprocher de l’essentiel en supprimant le superflu.

J’avais envie de devenir le modèle que j’aurais voulu avoir, un Bon dieu, un Dieu bon, un dieu créateur.

5 – Avec qui parler de sa grossesse ?

grosesse-facebook

Parmi les gens de mon entourage ayant mon âge, personne n’avait ou n’attendait d’enfant, ni même le projet d’en avoir. J’étais un OGNI (objet-gonflant-non-identifié.). Ma grossesse a eu en plus l’effet de creuser des fossés déjà présents avec certains de mes amis qui ne le sont maintenant plus. Je suis alors partie à la recherche d’autres mammifères gonflants susceptibles de pouvoir échanger avec moi sur la drôle de métamorphose que nous vivions. (C’est ainsi que j’ai re-rencontré la co-fondatrice de ce blog qui était la petite amie d’un collègue de promo).

Internet m’a été d’un grand secours. Je ne sais pas combien de question stupide j’ai posé à Google (ai-je le droit au tiramisu ?). Les groupes Facebook de parentalité m’ont aussi été d’un grand soutien (« au fait, je dois acheter quoi avant la naissance ? »). Car si le père tentait de me réconforter à coup « mais non, ça te va bien ces kilos en TROP » (hum) j’avais besoin d’expier certaines choses avec mes pairs.

6 – Changements du corps au cours de la grossesse…

grossesse-poids

Au début, on ne voit rien, c’est chiant. T’aimerais déjà avoir le ventre bien rond et que tout le monde te laisse la place dans le tram. Après c’est pire, car t’as un peu de bide, mais personne peut deviner que t’es enceinte, t’as juste l’air de t’être lâchée sur les Mcdos (durant cette période, j’ai été assez mal dans ma peau, mais ça n’a pas duré). Après c’est encore autre chose car tu ne rentres plus dans tes jeans et tu dois revoir ta manière de t’habiller, pour moi ça a commencé à être chouette même si je n’aimais pas trop sentir le regard de mon homme changer – à ces yeux j’étais déjà devenue « autre chose » (de plus beau, de plus précieux, de plus fragile (mention spéciale à sa capacité à se transformer en valet de madame) et de moins… sexuée.)

7 – le Diktat du « 1kg par mois » enceinte.

faim-enceinte

Pour ma part, j’ai fait assez attention les 6 premiers mois, puis au 7ième, harassée par les injonctions à ne pas grossir ( fais attention, ce n’est pas facile à perdre après…  = Mais TG ! J’ai FAIM ! ), le boulot, la fatigue, j’ai mangé absolument tout ce qui me faisait envie (passage a la boulangerie tous les jours). J’ai pris au minimum 15kg (je ne me suis pas pesée le dernier mois). Mais je ne regrette pas de m’être fait plaisir, c’est drôlement important de se faire du bien. Et puis il m’a suffit de revenir à une alimentation équilibrée pour que mon corps se redessine petit à petit. Je ne vous cache pas que vu la quantité de sucre que j’ingérais, j’étais tout de même terrorisée par le diabète gestationnel. Alors pour ma seconde grossesse (oui, j’en prévois une) je ferais surement un effort jusqu’au bout, car le sucre, c’est une spirale infernale, plus t’en mange, plus t’en veux. Avec les hormones de la grossesse, je me suis rapidement transformée en ogre du chocolat et des Haribos (et c’est une mauvaise habitude assez dure à changer) !

8 – Communiquer avec son bébé enceinte.

communiquer-avec-bebe

J’ai fait au cours de ma grossesse, de très belles lectures, qui m’ont permis de profiter pleinement de l’expérience. J’ai pris conscience du truc incroyable qui était en train de m’arriver, et j’ai été très attentive à ce qui se jouait dans ma scène intérieure. J’ai fondu en larmes de joie la première fois que je l’ai sentie bouger, la première fois qu’elle a répondu à mes caresses et même la première fois ou mon teckel a lui même compris que j’étais habitée (il a léché mon ventre près d’une heure en se tortillant de joie). Encore aujourd’hui, pour moi, la grossesse est un moment inouï, immense. Je ne dis pas que c’est forcement beau ou facile, mais ça reste fascinant.

Voici les deux lectures que je conseille à toute future maman qui a envie de se faire souffler l’esprit :

Ou comment apporter de l’amour à son enfant alors même qu’il n’est pas encore tout à fait là.

Un panorama incroyable et parfois insensé sur tout ce que mettre au monde implique.

Ces deux lectures ne sont toutefois pas à prendre à la lettre ! Elles élargissent le champs de vision.

D’ailleurs je trouve que la lecture se plie très bien à la grossesse. Moi qui ne suis pas une grande lectrice, c’était de loin mon activité préférée enceinte car elle permet d’entrer dans une bulle (comme son bébé).

Je compléterai cette liste par 3 films que j’ai aimé regarder (à répétition ^^) pendant ma grossesse :

  • Le Premier cri (attention, après ce documentaire vous allez vouloir accoucher sans péridurale, et si possible, avec des dauphins).
  • Un heureux événement (ce mélodrame grand public me touche… Je l’ai regardé 3 fois !)
  • Bébés (les premiers mois de quelques bébés à travers le monde. Quand on voit un bébé boire dans une flaque d’eau, on relativise sur notre hygiénisme).
Publicités

Une réflexion sur “Récit de grossesse

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s